Parce qu’on n’y penserait pas forcément, dans ce milieu supposément si gay qu’est la mode, et pourtant : difficile de ne pas saluer le courage de Marc Sebastian Faiella, jeune mannequin qui a osé témoigner pour le magazine i-D, concernant le climat homophobe que l’on peut parfois rencontrer dans ce milieu. Ce milieu, qui adore jouer avec les codes des genres, et qui est pourtant parmi les premiers à définir ce qui est masculin, ce qui ne l’est pas – et parfois moi-même le premier, j’en suis conscient. A tel point que ce modèle devait être « masculin et aux airs de bad boy », un skateboard sous le bras, les cheveux sales et obsédé par les filles pour sa première agence, qu’il a vite fait de quitter, avant d’en trouver une autre qui lui a fait prendre conscience qu’il avait fait face, ni plus, ni moins, à une forme d’homophobie.

« Les modèles sont des acteurs silencieux, à qui l’on demande d’incarner un certain sentiment, un certain personnage, une certaine humeur. Tant que l’on y arrive, quelle différence cela fait si certains d’entre nous préfèrent embrasser des garçons ? »

Alors oui, ça change, petit à petit. Mais c’est compliqué. Compliqué parce qu’il ne semble pas y avoir de juste milieu entre ces modèles qui jouent les parfaits hétéros, virils et masculins comme le voudraient le cliché, et ceux qui clament haut et fort leur homosexualité, version « out, loud and proud » comme le dit Marc Sebastian Faiella. Pas d’indifférence, pas de « et alors ? », comme cela se produit si tristement dans bien d’autres milieux, d’ailleurs. Et que je constate, parfois à mes dépens, dans mon activité de rédacteur – mais c’est (presque) une autre histoire. Compliqué, mais ça change donc, petit à petit, et le témoignage de ce modèle y travaille à sa manière. A lire par ici.

Partager cet article :Share on Facebook0Tweet about this on Twitter0Pin on Pinterest0Share on Google+0Share on TumblrShare on LinkedIn5Email this to someone